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Michel Mallier l'homme aux mains d'or

pour Michel Mallier
Suivez la restauration complète d’une monoplace Martini MK7 de 1971 Filmé et édité par BLKMRKT PICTURES.

Au cours de cet été 2017, J’ai eu l’occasion de passer 32 jours à raison de 5 à 7 heures par jours, avec Michel MALLIER, dans le but de travailler sur un projet vidéo axé sur la restauration d’une monoplace de course de 1971: une Martini F3 MK7.

Ce projet a été filmé de tel que vous puissiez être totalement immergé dans cette restauration, étapes par étapes. Vous allez découvrir le savoir faire de Michel ainsi que les techniques mises en œuvre pour arriver au bout de cette restauration.
Ce projet a 2 finalités :

  • la première sonne comme une évidence, montrer le processus mis en œuvre pour restaurer la voiture à son état originel;
  • comprendre à quel point ce processus de restauration peut être long et compliqué.

    La restauration d’objets mécaniques, tout comme n’importe quel autre objet, nécessite un nombre incalculable d’heures de travail. La facturation de ce genre de travaux peut parfois atteindre des prix exorbitant, souvent difficile à chiffrer auprès du client.

Michel MALLIER, l’homme aux multiples facettes

Peu intéressé par l’école à l’époque, le père de Michel, qui travaillait alors dans l’aviation, fait jouer ces relations pour motiver son fils et lui faire découvrir le monde du travail. De fils en aiguilles, C’est à l’âge de 14 ans que Michel découvre le monde de l’automobile.
L’année suivante à son retour d’une édition des 24 heures du Mans, il sait que c’est dans cet univers là qu’il veut évoluer. Commence alors l’histoire incroyable d’un enfant en phase de devenir un véritable artiste au savoir faire reconnu.

Il acquiert rigueur et méthodologie très rapidement, ce qui lui permet de gagner sa place en tant que mécanicien pour une écurie de F3, de travailler sur des voitures d’exceptions tel que des Ferrari, Lotus ou encore des Jaguar appartenant à des stars tel que Dutronc, Hallyday, Fugain, Nina Ricci ou encore Brigitte Bardot.

A la suite d’une rencontre avec Hugues de Chaunac, Michel intègre l’atelier de Genevilliers afin de s’occuper des Formules 2 Elf 2, d’Alain Serpaggi et Michel Leclére. Un peu plus tard, une opportunité s’ouvrira à Michel pour prendre un poste de mécanicien pour la Shadow Matra F1 du Team Officiel de Don Nichols.
Mais finalement, il ne saisira pas cette opportunité, et décide de s’installer à son compte.

Mécanicien, Péparateur, Restaurateur: le couteau Suisse des sports mécaniques

Au fil des années, Michel se forge une réputation de spécialistes des véhicules sportifs en tous genres : Ferrari, Lamborghini, Porsche tout millésime confondu de 1960 à 1990, avec un faible pour la mécanique Anglaise et les voitures de course. Aujourd’hui, du haut de ces 68 ans, Michel continue d’exercer son métier avec cette même passion d’antan.

Pilote de course

Michel hérite de la tecno F3 du célèbre Jean Pierre JAUSSAUD (2 fois vainqueur des 24 heures du Mans : 1978 et 1980). Commence alors une longue et minutieuse restauration de la voiture.

Une fois celle-ci prête, Michel s’engage alors en championnat de France historique, et réalise des performances vraiment excellentes, puisqu’il remporte à 5 reprises l’Age d’Or, et gagne sur la plupart des circuits mythiques, tel que le Mans, Magny-Cours, Paul Ricard, Dijon ou encore le circuit de Spa.
Michel a également fait le tour de corse Historique, en tant que copilote pour Henry Pescarolo et a également eu la chance de pouvoir piloter la Matra F1 ou encore une McLaren can Am M8.


Une petite histoire de Michel en tant que pilote ça vous dit ? Celle-ci m’a particulièrement plu. Quand je vous dis que la motivation et la détermination peuvent nous faire faire de grandes choses …

Un week end de course au circuit de Dijon Prenois

Propos recueilli par Pierre Ménard pour le site internet www.classiccourses.fr; mais il me l’a également raconté à son atelier
“Du coup, je vais à Dijon où on était mélangé avec des GT. En F3, il y avait Filhol qui marchait bien, Salmona, plus des Formule France, c’était assez disparate comme plateau. Je découvre évidemment le circuit, et je fais le 5e temps absolu aux essais, meilleur temps des F3 ! Sauf qu’à deux tours de la fin des essais, j’explose le moteur neuf. On était le samedi, 17H00, et là je dis : « On rentre à Paris » ! J’avais deux copains qui conduisaient le Bedford, pendant que moi à l’arrière je démontais le moteur ! On arrive chez moi à 2H00 du mat’, je répare la chemise cassée, on repart – sans dormir, évidement – et on arrive à 6h00 au circuit où on remonte le moteur dans la voiture. Le départ de la course est à 11H00. A 10H45, je mets en route et… plus d’embrayage ! Une histoire de pignon qui buttait dans le fond et qui restait engrené, j’avais vu ça, 25 ans avant. Je desserre tout le tour de boîte, je monte dans la voiture : ça débraye. Mais tu ne peux pas laisser la boite desserrée de 5 mm ! J’ai réussi à faire reculer le départ d’un quart d’heure, j’étais pas connu mais tout le monde a accepté. On a tout calé avec des cales, on a tout resserré… et j’ai gagné la course ! Je finis troisième derrière les deux Lola plus puissantes de Beurlys et Burgraff, mais premier des F3”

Je vous conseille de lire l’intégralité de l’interview de Michel Mallier ( en deux parties) pour le site internet classiccourses.fr
C’est d’ailleurs après être tombé sur cet article et l’avoir dévoré que je suis direct rentré en contact avec Michel pour pouvoir lui proposer de mettre en vidéo cette restauration de F3.
Partie 1: https://www.classiccourses.fr/2017/03/michel-mallier-1ere-partie-la-force-du-destin/
Partie 2: https://www.classiccourses.fr/2017/04/michel-mallier-2e-partie-de-lautre-cote-volant/

L’atelier MRM

Situé à Bois d’Arcy dans les Yvelines, Michel Mallier travail à son compte chez MRM (Mallier Racing Motor).

Quand j’étais petit, je venais souvent jouer avec son fils dans la cours. On fabriquait des sauts en tout genre que l’on ridait ensuite avec sa moto cross et nos bmx.

J’avais donc un souvenir précis de ce lieu, mais cela remonte à plus de 15 ans maintenant.
A mon arrivée, le choc ! Sûrement le plus bel atelier de mécanique que j’ai eu l’occasion de voir ! C’est un véritable musée de l’automobile. Du sol au plafond, chaque objet à une histoire.
Et pour le reste, c’est fabriqué par Michel lui même, comme ce poil absolument incroyable !

Pour comprendre un peu à quel point son atelier regorge de petits trésors, en 32 jours de tournages, à la fin, je découvrais encore des objets, des affiches, des outils, des détails que je n’avais pas encore eu l’occasion de voir auparavant !

Le projet de restauration de la Martini MK7 1971

L’histoire des Martini MK7

Comme vous l’avez surement déjà compris, les Martini MK7 sont des monoplaces, autrement dit, voitures destinées au monde de la course automobile.
Il y a eu 12 voitures de ce type dans le monde. De ces 12 voitures, on sait qu’il en existe encore potentiellement 9, et 3 sont en train de passer entre les mains de Michel.
Actuellement, la Martini MK7 Ex Jicey (le modèle jaune que vous avez l’occasion de voir sur certaines photos de l’article) est terminée.

La voiture sur laquelle il travail en ce moment même est la Martini MK7 ex LACARRAU (modèle bleu).
Dans le cadre de mon projet vidéo, j’ai effectué quelques recherches sur internet concernant cette voiture. On peu dire que la chance m’a sourie puisque je suis tombé sur des bandes vidéos de cette MK7 LACARRAU datant de 1971 au Grand Prix de Monaco ! A cette époque, elle portait le numéro 41 (les numéros changeaient à chaque courses). Cette découverte est inespérée, moi qui voulais idéalement commencer mon intro de vidéo par des images de la voiture courant à l’époque, je ne m’attendais absolument pas à trouver des images si rares !

La rencontre avec Michel

On est en Juin 2017, soit 3 mois avant les Grandes heures de l’automobile. J’étais au courant par le biais d’Antoine (son fils) que Michel travaillait sur une monoplace.
Je souhaitais absolument pouvoir filmer la construction de cette voiture de A a Z. A mon arrivée au garage le premier jour avec Antoine, Michel était déjà en plein travail sur la nouvelle MK7. Le châssis était déjà peint et en l’air. Après lui avoir présenté mon idée concernant la vidéo, on se met au travail.

Le truc à savoir dans ce genre de projet vidéo, c’est qu’il m’est impossible de programmer des jours de shoot. La voiture doit être prête pour dans 3 mois et le chantier est colossal ! Il n’est pas question de bloquer Michel pour faire de la vidéo, et mon souhait de filmer quelque chose de vraiment authentique ne serait pas respecté. Je ne suis pas un grand fan des plans préparés, même si parfois le rendu est meilleur. Je suis plus un adepte du shoot en direct, à l’instinct, capturer le moment présent, tel qu’il aurait du être si je n’avais pas été là.
Il m’est donc impératif d’être là tous les jours, et de savoir me faire oublier dans l’atelier, le but étant de déranger le moins possible Michel, et de le laisser évoluer tel qu’il évoluerai en temps normal dans son espace de travail. J’avoue que parfois, ce n’est pas toujours simple, à cause de son fidèle compagnon, Daymone, le chien de garde qui adore jouer et bouffer tout ce qui bouge ! Même mes mains et le micro de mon boîtier !

Rectifions quelque chose… On parle de restauration d’une monoplace depuis le début dans cet article, mais en réalité, le mot “restauration” est inexacte. Le mot “construction” est plus approprié, car Michel fabrique les pièces au fur et à mesure à partir de matières premières, n’ayant pour base qu’une photo d’époque en noir et blanc ; et un visuel d’une voiture similaire qu’il a construite auparavant, également dans son garage: la Martini MK7 Jicey.

Tourner, fraiser, souder… tout est fait à la main !

Pour arriver à ces fins, Michel utilise de nombreuses techniques et outils de travail. En effet, les pièces pour ce genre de voitures n’existent pas, il est nécessaire de les fabriquer à partir de matières premières tel que l’aluminium ou l’acier pour ne citer que celles-ci.
Pour donner forme à ces pièces, on utilise différentes machines, comme par exemple, un tour qui permet de tailler une pièce directement dans la masse et lui donner une forme circulaire, avec parfois des trous et des cavités, ayant une côte et un diamètre précis. La matière première que l’on accroche au tour, est maintenue à l’aide d’un mandrin, dont sa taille peut varier en fonction du diamètre de la matière première.

Il est parfois nécessaire de dégrossir une pièce, en lui retirant de la matière. Pour cela, on utilise une machine que l’on appelle une Fraiseuse.
Une fraiseuse est une machine ou l’on fixe ce que l’on appel des fraises. J’entends par fraises, des petits outils usinés avec des dents qui vont être mis en rotation à l’aide de la fraiseuse afin de pouvoir fabriquer la pièce voulu. Ces fraises peuvent être cylindriques, torique, conique, hémisphérique ou encore quelques fois avec des formes plus complexe.

Une autre technique souvent utilisée par Michel est la soudure.
En effet, il est parfois nécessaire d’assembler plusieurs pièces entre elles pour qu’elles puissent avoir une fonction.
Il existe différents types de soudure, mais Michel soude principalement au TIG ( Tungsten Inert Gas) et au MIG (Metal Inert Gas), afin d’assurer la continuité de la nature des matériaux assemblés.

Vous comprenez maintenant pourquoi la création d’une pièce au premier abord basique, peut facilement prendre plusieurs heures voir plusieurs jours ! Il est nécessaire de déterminer des côtes, de faire la pièce, et parfois de la rectifier quand celle-ci n’est pas bonne.
C’est également pour ca que je me devais de rester auprès de Michel, pour pouvoir filmer tout ces détails, afin de pouvoir retranscrire en bonne et due forme la façon dont la voiture a été construite.

Assemblage de la voiture

Parce qu’une image est bien plus parlante que les mots, je vous propose une petite série de photos concernant cette restauration.
Dans cette série de photo, vous pourrez voir l’avancée de la restauration de la MK7. De l’ensemble chassie, crémaillère, partie cycle et freinage, en passant par l’assemblage complet de la boite et du moteur, jusqu’à la peinture et le vernissage de la carrosserie.

Je vous laisse admirer le travail de Michel.

Objectif, les grandes heures de l’automobile !

Evidemment, tout ceci à un but ! L’objectif est de pouvoir présenter cette monoplace au Grandes heures de l’automobile 2017 à l’autodrome de Linas Montlhéry en Septembre ! Mais la charge de travail à fournir est encore immense.


C’est nuits et jours que Michel travaille sans relâche pour tenter de respecter la date butoir : 2 à 3 heures de sommeils par nuits durant des semaines entières nous ont mené ce jour précis, le Mardi 19 Octobre 2017 … Deux jours avant les Grandes Heures. Il est temps de monter les arbres de transmission de boite, une étape importante.
J’allume ma caméra et me place au bon endroit pour filmer le plan. Mais au bout de quelques minutes, Michel et son ami Marc stoppent tout et prennent du recule par rapport à la MK7. Un silence de plomb s’installe dans la pièce.

“Trop long .. ils sont trop long ..”

“Trop long .. Ils sont trop long ..” c’est la déception, mais nous sommes devant le fait accompli, la voiture ne sera pas roulante pour les grandes heures. En effet, il s’avère que les deux arbres ont 17mm de trop. La difficulté dans ce genre de restauration est, rappelons-le, que Michel à du réaliser l’intégralité des pièces en ayant pour base une photo d’époque, et une voiture similaire. La cotation déterminée pour ces pièces n’étaient pas exactes. Il est impossible de faire rectifier les 2 arbres en si peu de temps, du coup les plans changent.


On ne lâche rien, Michel se fixe un nouvel objectif: la voiture sera aux grandes heures montée au complet, mais non roulante. Coup de massue par rapport à la nouvelle, mais on ne lâche rien. Michel et Marc se remettent au travaille, la voiture doit être terminée visuellement parlant. Cette modification impliquera bien évidemment un changement dans mon projet vidéo initial.
En effet, je souhaitais pouvoir terminer cette vidéo sur le circuit de Montlhéry avec les deux voitures en action sur la piste. Mais malheureusement ce ne sera pas le cas, pas pour cette fois du moins.
Je dois composer avec les aléas et construire une autre fin à cette histoire, ou plutôt un point virgule, car un second épisode est prévu à toute cette formidable histoire.

Les 2 prochains jours seront une véritable course contre la montre,à tel point que toutes les mains disponibles viennent prêter mains fortes. Pendant qu’Antoine s’occupe des roues, Michel continue d’avancer sur la partie moteur.
On terminera tard le soir, de travailler pour Michel et de filmer pour ma part, et on reprendra tôt, très tôt. Il me manquait une fin à cette vidéo, au même titre qu’il manquait encore les carburateurs et d’autres petites pièces à la monoplace pour être présentée à l’évènement. Michel et moi nous sommes donnés rendez-vous le vendredi matin à 6 heures, pour terminer la voiture et filmer les dernières parties manquantes. A mon arrivé, Michel était déjà au travail depuis une bonne heure déjà. Nous devons faire vite, car le transporteur arrive dans moins d’une heure maintenant, afin de récupérer la voiture.

Juste le temps de filmer les dernières pièces montées, et de prendre cette photo. VIens ensuite le chargement seconde monoplace dans le camion et l’acheminement jusqu’à Montlhéry. Le tournage se terminera sur les coups de 8 heures. Je rentre ensuite chez moi pour éditer toute la fin de la vidéo, qui doit être projetée plus tard dans la journée, aux grandes heures de l’automobile.
Suis-je déçu de la tournure qu’a pris le projet ? Au début je l’étais, car il est vrai que je suis du genre à toujours vouloir concrétiser mes objectifs fixés, quoi qu’il en coûte ! Mais cette déception s’est vite transformée en source de motivation supplémentaire, car après réflexion, il m’aurait été compliqué de filmer les deux monoplaces comme je l’aurais souhaité sur une évènement tel que les Grandes heures de l’Automobile, surtout sans accès privilégiés. Cela me permets également de pouvoir penser à un épisode 2, qui sera donc la suite logique de cette vidéo, et que nous aurons l’occasion de développer tous ensemble, très prochainement.

La vidéo finale